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PÉNURIE ET SOLIDARITE DANS SIERRA DE TERUEL

Publicada el 3 marzo, 202610 marzo, 2026

Lorsque nous voyons une projection de la Sierra de Teruel en plein XXIe siècle, toutes sortes de considérations surgissent, tant esthétiques que liées aux objectifs qui ont conduit à sa création.

En 1938, voire dès 1937 lorsque Malraux écrivit L’espoir, la situation de la IIe République espagnole était étouffante, marquée par l’impuissance face aux forces rebelles soutenues par le fascisme italien et le nazisme allemand. L’effort entrepris par le gouvernement légitime d’Espagne et par Malraux lui-même avec son équipe ne peut s’expliquer que par son objectif fondamentalement propagandiste. Après son voyage aux États-Unis[i] — et surtout le message reçu à Hollywood —, il fallait tourner un film capable de toucher la conscience des Américains. Cette intention conditionna en partie la création du scénario.

À cette fin, l’œuvre devait présenter deux caractéristiques principales : d’une part, la pénurie accablante de tout type de matériel à cause de la Non-Intervention[ii] ; d’autre part, la solidarité du peuple avec son armée et avec la IIe République. Examinons ces deux aspects de plus près.

En ce qui concerne la pénurie, il convient rappeler qu’elle a également été subie par l’équipe de tournage elle-même, qui manquait cruellement de matériel de toutes sortes : de la pellicule vierge aux projecteurs, en passant par le maquillage.

Quant au contenu du film, Román Gubern[iii] dresse une liste détaillée des principaux moments où cela est mis en évidence.

SÉQUENCE III : Peña mentionne qu’ils étaient un contre huit. Muñoz se plaint que les nouveaux viseurs ne sont pas arrivés et Peña insiste à deux reprises sur l’infériorité du nombre d’avions.

SÉQUENCE IV : Carral se plaint qu’ils n’ont que d’un seul fusil-mitrailleur. González informe qu’à Linás, il n’y a que deux fusils et un peu de dynamite.

SÉQUENCE VI : Emilio se plaint du manque de balles, qui ne dépassent pas 20 par combattant.

SÉQUENCE VIII : Barca avoue qu’il ne sait pas manier un canon.

SÉQUENCE XII : Le président du Comité populaire de Linás dit qu’ils disposent de peu pistolets, tandis que l’ennemi possède 50 mitrailleuses.

SÉQUENCE XIII : Il manque des récipients pour y mettre la dynamite qui servira à affronter l’ennemi.

SÉQUENCE XIV : Les paysans font don d’ustensiles ménagers, tels que des récipients pour la dynamite.

SÉQUENCE XXX : Les républicains ne disposent que de deux bombardiers réparés pour attaquer l’aérodrome ennemi et n’ont aucun avion de chasse d’escorte.

SÉQUENCES XXXI-XXXII : Il est difficile de réunir des véhicules pour éclairer, avec leurs phares, le décollage nocturne sur l’aérodrome. Ils parviennent finalement à rassembler douze voitures.

SÉQUENCE XXXVI : Lors de l’affrontement aérien final, Muñoz déplore que ses mitrailleuses datent de 1913.

SÉQUENCE XXXIX : Une paysanne offre au blessé un bouillon préparé avec la dernière poule du village.

Les carences étaient évidentes. Mais pour que le public — et, au-delà, les nations — décide de soutenir le gouvernement républicain légitime, il fallait également montrer avec clarté la solidarité du peuple espagnol. Celle-ci se manifeste dans diverses séquences et atteint son apogée dans la séquence finale (XXXIX).

Les scènes dans lesquelles cette union entre les aviateurs (ou l’armée) et le peuple apparaît le plus fortement furent tournées avec un grand nombre de figurants provenant de syndicats paysans (à El Prat), d’habitants de Collbató[iv] ou de résidents de centres d’accueil de réfugiés, comme le montre ce site web[v] . Parmi ces séquences :

SÉQUENCE II : Les funérailles de Marcelino (avec les paysans d’El Prat).

SÉQUENCE XIII : Le village, dirigé par le maître, soigne es blessés du siège de Linás (presque invisibles à l’écran).

SÉQUENCE XIV : Les habitants de Linás font la queue pour apporter des récipients destinés à contenir la dynamite (probablement des réfugiés installés dans le stade de Montjuïc).

SÉQUENCES XX : L’héroïsme solidaire des paysans José et Pío, qui franchissent les lignes pour informer les aviateurs, au prix de la mort de Pío.

SÉQUENCES XXXI et XXXII : les comités de différents villages apportent des véhicules pour éclairer le décollage nocturne, qui aura lieu dans la XXXIII.

SÉQUENCE XXXVII (présente dans les scénarios originaux dactylographiés mais absente du montage final) : Les paysans de Valdelinares viennent en aide aux aviateurs de l’appareil accidenté dans la montagne enneigée.

SÉQUENCE XXXIX : Point culminant du film : le cortège formé par 2 500 soldats et les habitants de Collbató et des villages voisins, accompagne la descente des blessés et du mort. Cette séquence reflète un fait réel survenu à Valdelinares en décembre 1936, lorsque les habitants du petit village de montagne secoururent les aviateurs de l’escadrille Malraux pris dans la neige et les soignèrent chez eux.[vi]

Il convient de souligner que de nombreux épisodes du film reposent sur des faits authentiques (la mort de Marcelino, l’héroïsme de José et Pío, l’aide des habitants de Valdelinares), ce qui renforce considérablement la portée du message.

Un dernier point mérite attention : la SÉQUENCE XXXIXbis. On y voit des personnes âgées prêtes à aider les aviateurs, lorsqu’un jeune homme leur dit qu’elles ne peuvent rien faire, qu’il faut agir utilement :

  • Que peut-on faire pour un mort ?
  • Le remercier.

Nous avons déjà analysé cette séquence qui ne figure pas dans le scénario original[vii] , mais qui est présente dans le montage, comme une invitation à reconnaître la justice de la défense de la République, même lorsque la guerre était déjà perdue.

Pour comprendre pleinement le message global de Sierra de Teruel, une analyse supplémentaire est nécessaire : le traitement de l’ennemi. Tout au long du film, Franco n’est mentionné que deux ou trois fois ; l’ennemi n’apparaît jamais à l’écran et est désigné comme « rebelles » ou « Maures », sans insultes ni diabolisation excessive. Il ne s’agissait pas de refléter l’abjection fasciste, que d’exalter la dignité de la lutte contre elle.

Du côté républicain, le film évite également de heurter certaines sensibilités. Dans la séquence XXVI[viii] , plus calme. les membres de l’escadrille se définissent comme pacifistes, indépendants ou socialistes. Aucun ne se proclame anarchiste ou communiste — prudence stratégique de Malraux visant l’accès au vaste marché américain. Dans le même esprit, L’Internationale, présente à plusieurs reprises dans le roman, n’est jamais entendue dans le film.

On comprend dès lors que certains milieux communistes français aient accueilli le film en 1945, comme une œuvre pessimiste, voire défaitiste.

Quoi qu’il en soit, Sierra de Teruel demeure une œuvre inachevée — seuls deux tiers des séquences prévues ont été montées — mais indispensable pour comprendre l’étouffement de la IIe République, sa communion avec son peuple et sa volonté de dénoncer, sur le plan international, l’l’injustice d’une Non-intervention aussi criminelle que déséquilibrée[ix] .

NOTES:

[i] https://www.visorhistoria.com/amerique-amerique/  et https://www.visorhistoria.com/neutralite-americaine-st/

[ii] Selon le scénario, le commandant Peña la nomme même dans la séquence XXX, devant une série d’avions sans moteur, bien que dans le film, on puisse entendre : « Nous les attendons depuis six mois. »

[iii] GUBERN, Roman (1995).  Significación politica de Sierra de Teruel. Secuencia, n° 2. Pages 31.41

[iv] https://www.visorhistoria.com/2-500-en-collbato-esp/

[v] https://www.visorhistoria.com/diciembre-1938-1-esp/#_Toc221355750

[vi] https://www.visorhistoria.com/historia-del-potez-n-i-valdelinares/

[vii] https://www.visorhistoria.com/a-vueltas-con-el-guion/ (en espagnol)

[viii] https://www.visorhistoria.com/els-internacionals-sequencia-xxvi/

[ix] GRILLET, Gilbert (2017) Un verano imperdonable. Madrid, Guillermo Escolar Ed. (Traduction d’Antoni Cisteró)

𝙎𝙄́𝙂𝙐𝙀𝙉𝙊𝙎 𝙔 𝘾𝙊𝙉𝙎𝙀𝙂𝙐𝙄𝙍𝘼́𝙎: 𝙉𝙀𝙒𝙎𝙇𝙀𝙏𝙏𝙀𝙍 𝙈𝙀𝙉𝙎𝙐𝘼𝙇 / 𝙋𝘿𝙁𝙨 / 𝙎𝙊𝙍𝙏𝙀𝙊𝙎 𝙏𝙍𝙄𝙈𝙀𝙎𝙏𝙍𝘼𝙇𝙀𝙎

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