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NOUS DÉCOUVRONS UN LIEU DE TOURNAGE INÉDIT.

Publicada el 7 mayo, 202613 mayo, 2026

Nous connaissons déjà la légère différence entre la version du montage français (signée Espoir-Sierra de Teruel, où il est indiqué : Une production Édouard Corniglion-Molinier, avec la collaboration de Roland Tual) et celle conservée à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis, reconstituée par Ferran Alberich[i], qui l’a décrite avec précision[ii]. Cette deuxième version (en fait, l’original monté par André Malraux et George Grace en 1939) a été restaurée par Alberich lui-même en 1994, puis mise à la disposition de la Filmothèque d’Espagne. En 2022, il a été récompensé pour cette restauration ainsi que pour d’autres restaurations de films[iii].

La différence la plus notable entre les deux versions réside dans les plans de la séquence XXXIX, la dernière du film, où sont supprimés en premier lieu ceux montrant des paysans qui discutent tout en suivant le cortège venu secourir les aviateurs accidentés, tournés sans doute à Collbató, comme le reste de la séquence à l’exception du plan suivant.

Dans ce deuxième plan (après 1 h 08 de projection), on voit la population sortir du village (Valdelinares selon le scénario) pour rejoindre le cortège. Ces plans en particulier sont très intéressants car ils ont permis de découvrir, en avant-première, le lieu de tournage exact.

Il n’est pas surprenant que, au moment du montage, il leur ait semblé que les images du cortège tournées à Collbató ne correspondaient pas à celles-ci, et qu’il ait donc été logique de les supprimer. À première vue, on constate la présence d’une grande majorité de femmes (s’agirait-il d’une procession d’avril ou de mai 1939 ?), alors que dans toute la séquence XXXIX tournée à Collbató, on observe un grand nombre d’hommes, avec la présence d’environ 2 500 soldats mis à disposition par la République pour jouer le rôle de figurants.

Mais il y a un détail encore plus frappant : le lieu du tournage. Celui-ci n’a jusqu’à présent été mentionné dans aucun livre ni article, du moins à ma connaissance. Il s’agit de Cordes-sur-ciel, où ils se seraient rendus avant ou après leur passage à Villefranche-de-Rouergue, où ils ont effectivement tourné, sur la place Notre-Dame, des parties des séquences XII à XV.

Il convient également de souligner que le plan tourné rue de la Barbacane, qui sert d’introduction à la séquence XXXIXbis, mérite un article à part entière (« Que peux-tu faire pour un mort ? / « Lui rendre honneur »), mais qui nous indique qu’il avait déjà été pensé en France et une fois la guerre terminée.

Curieusement, on a également utilisé un grand plan d’ensemble de la ville, qui servira d’ouverture à la séquence IV, qui sera tournée en studio (simulant une droguerie) à Barcelone, quelques mois auparavant.

Cela nous amène à penser que le tournage a dû avoir lieu au printemps 1939, lors d’un voyage organisé pour tourner de courtes séquences complémentaires. Outre Villefranche-de-Rouergue et Cordes-sur-Ciel, où ils ont tourné, ils ont également visité d’autres lieux, comme l’indique Suzanne Chantal dans son livre[iv] : « En avril, ils partent tourner des plans de complément indispensables à Villefranche-de-Rouergue. Il est étonnant de voir à quel point ces imposants piliers romans, ces femmes aux châles, ces hommes à la barbe fournie et au gilet noir, ressemblent aux Catalans (?). Au retour, près d’Espalion, nous apercevons un merveilleux château[v] qui, comme celui du Temps vert (le roman de Josette Clotis), s’élève vers le ciel avec toutes ses tours ». Curieusement, elle n’est pas fait mention de Cordes-sur-ciel, bien que les images soient sans équivoque.

Nous proposons ci-dessous quelques images comparatives qui ne laissent planer aucun doute. L’emplacement exact du lieu de tournage est indiqué sur une vue actuelle, avec le photogramme correspondant à côté :

NOTES: 

[i] ALBERICH, Ferran (1998) Diecinueve planos. Aproximación informativa a dos copias de . Dans : Archivos de la Filmoteca. Valence. Filmoteca de la Generalitat Valenciana. N° 30. Octobre 1998. Pages 92-106.

[ii] ALBERICH, Ferrán. (1999). « Sierra de Teruel » : une coproduction circonstancielle.

https://www.cervantesvirtual.com/obra-visor/sierra-de-teruel-una-coproduccion-circunstancial–0/html/ff907f12-82b1-11df-acc7-002185ce6064_2.html#I_0_

[iii] https://www.elperiodico.com/es/ocio-y-cultura/20221005/ferran-alberich-premio-nacional-patrimonio-cinematografico-audiovisual-76876398

[iv] CHANTAL, Suzanne (1976) Le coeur battant. Paris, Grasset&Fasquelle. Page 120

[v] Il s’agirait du château de Calmon d’Ot. https://www.chateaucalmont.org/ch%C3%A2teau/histoire/

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