Saltar al contenido
Menú
VISORHISTORIA
  • AÑO/ANNÉE/ANY MALRAUX
  • BLOG (Esp-Fra-Cat)
    • FRANÇAIS
    • CATALÀ
  • SECUENCIAS
  • ANEXOS
    • Bibliografía
    • DRAMATIS PERSONAE
    • ENLACES ÚTILES
    • Imágenes
    • Vídeos
  • LA VERDADERA HISTORIA DE SIERRA DE TERUEL (Esp/Fra/Cat)
    • L’HISTOIRE VRAIE DU TOURNAGE DE SIERRA DE TERUEL
    • LA VERITABLE HISTÒRIA DEL RODATGE DE SIERRA DE TERUEL (cat)
VISORHISTORIA

4.7.2. La guerre est finie

Publicada el 4 septiembre, 20266 octubre, 2026

Châpitre 4.7.2. de «La véritable histoire du tournage de Sierra de Teruel»

Le 1er avril, dans la soirée, au 7 de la rue du Capitaine-Ferber, on pleura. Le lendemain, les journaux confirmèrent la nouvelle, qui, bien qu’attendue, n’en demeurait pas moins désespérante : la guerre était perdue.

Ce soir, 2.4.1939

Au réveil, après un sommeil agité, Max descendit chercher le journal. Ce soir, il n’y avait pas la moindre mention du communiqué laconique de Franco annonçant la fin du conflit, mais une note qu’il découpa aussitôt pour la porter à Malraux[i] : « L’Espagne déclare “ennemis” plusieurs écrivains français, parmi lesquels figure celui-ci, en tête de la liste, mais aussi d’autres amis : Romain Rolland, ou encore le directeur du journal, Louis Aragon. »

C’était prévisible. Ces derniers jours, on avait suivi les tristes événements de Madrid, titrés par Ce soir[ii]: « Madrid trahi, livré ce matin ».

Les visages étaient sombres à Joinville. Mejuto jurait de sa voix tonitruante, Josette pleurait, Malraux, plus nerveux que jamais, les regardait sans les voir :
— Y a-t-il encore de l’espoir ?

Le silence fut la réponse la plus lourde de sens.

Plus tard, Max écrira[iii] : « Rien ne fait plus mal que l’espérance quand elle ne tient qu’à un fil. » Ce fil s’est-il rompu définitivement ? Peut-on encore attendre quelque chose d’un gouvernement républicain en exil, plus divisé que jamais ? Et tout cela à la veille d’une guerre qui menace d’embraser toute l’Europe. Les questions résonnaient dans sa tête tandis qu’il montait lentement dans l’ascenseur jusqu’à sa mansarde.

Malraux venait de discourir sur le destin et la nécessité de le combattre.
Aub, lui, écrira dans son journal[iv] : « L’homme est l’esclave de son destin. Ce n’est pas une banalité, mais un remède contre ceux qui se croient maîtres d’eux-mêmes. »
Sur ce point, les deux amis ne s’accorderont jamais. Et pourtant, Aub restera fidèle à la lutte pour un monde plus juste, une lutte qui exige qu’on en laisse un témoignage.
Il dira dans l’une de ses œuvres[v] : « Pour cela, il fallait avoir perdu dès le premier jour. — Non. D’abord : nous n’avons pas encore perdu. Ensuite : quoi qu’il advienne, nul n’oubliera ce que nous avons fait. »

Oui, il faut témoigner. Alors, sur une vieille machine à écrire, il commence Campo cerrado, le premier volume de son Laberinto mágico, œuvre essentielle pour comprendre la guerre qui a ravagé l’Espagne.

Après un dîner frugal, incapable de trouver le sommeil, il reprend ses notes de tournage du film qui menace de rester inachevé.
Peut-on encore parler d’espérance, comme le prévoyait une séquence non tournée ?
Il tient le feuillet devant ses yeux, un instant. Puis, d’un geste brusque, barre la note 27.
Ce sera l’essence d’une scène qu’on tournera avec des figurants trouvés au hasard — des réfugiés espagnols, il n’en manque pas :
« Que peux-tu faire pour un mort ? — Lui dire merci »[vi], écrit-il au-dessus, d’une écriture nette et penchée.

Notes de tournage de Max Aub (Fundación Max Aub: AMA C.32 .14.1)

Oui, c’est cela. Au-delà du destin, il y a la mémoire, la reconnaissance, le fait de s’incliner devant tous ceux qui sont morts, ont souffert et sont restés dignes dans leur quête d’un monde plus juste et solidaire. Oui, il faut les remercier.

Avec un sourire amer, alourdi par une douleur partagée, il se couche enfin. Peua dort depuis longtemps déjà. Le thème du destin, le trouble. Il ne partage pas toujours la vision d’André ni cette farouche volonté de lutter contre lui. Mais il ne dira rien. Ce n’est pas le moment.

Le lendemain, il parlera à André de la courte scène[vii]. Celui-ci l’approuvera distraitement : il pense déjà au déplacement prévu le lendemain pour tourner quelques raccords indispensables.

Lettre de Rivas Cherif au sujet des œuvres d’Azaña (Malgat, 2007, p. 87)

Après en avoir discuté avec Josette et Suzanne dans leur appartement du 9, rue Berlioz, ils ont convenu de partir avec l’équipe technique pour Villefranche-de-Rouergue.

Le tournage coïncidera avec la Semaine sainte et l’anniversaire de Josette, le 8 avril. Vingt-neuf ans ! Aub, contrarié de ne pas l’avoir su plus tôt, finira par les rejoindre. Il est absorbé par l’affaire Azaña chez Gallimard ; Peua se réjouira qu’il trouve ainsi un petit revenu grâce à l’éditeur. Mais il devra remettre à plus tard la rédaction de Campo cerrado.

Ce qu’il ne pourra pas suspendre, même par intermittence, c’est le tournage. Comme aujourd’hui, où il fera tout pour y glisser sa scène, celle qui lui tient tant à cœur. Elle sera la XXXIXbis.

NOTES:

[i] Ce soir, 2.4.1939 . 3

[ii] Ce soir, 29.3.1939, p. 1

[iii] AUB, 2023, p. 108 (9.6.1941)

[iv] AUB, 2023, p. 66. (5.4.1939)

[v] AUB, Max. Campo del moro. Madrid, Alfaguara, 1985, p. 211

[vi] Archivos de la Filmoteca, 1989, p. 185.

[vii] Dans les scénarios publiés, ce sera le XXXIXbis (par exemple : MALRAUX, André,  1996, p. 155

4.7.3.

𝙎𝙄́𝙂𝙐𝙀𝙉𝙊𝙎 𝙔 𝘾𝙊𝙉𝙎𝙀𝙂𝙐𝙄𝙍𝘼́𝙎: 𝙉𝙀𝙒𝙎𝙇𝙀𝙏𝙏𝙀𝙍 𝙈𝙀𝙉𝙎𝙐𝘼𝙇 / 𝙋𝘿𝙁𝙨 / 𝙎𝙊𝙍𝙏𝙀𝙊𝙎 𝙏𝙍𝙄𝙈𝙀𝙎𝙏𝙍𝘼𝙇𝙀𝙎

Próximos eventos

Aviso
No hay eventos programados.

Entradas recientes

  • UN CRITIQUE : GISCLON
  • UN CRÍTIC: GISCLON
  • UN CRÍTICO: GISCLON.
  • SEQUÈNCIA XIV-3: Un pla ridícul. Un dubte.
  • SÉQUENCE XIV : Un plan ridicule. Une énigme.

Categorías

Contacto

Correo para información sobre temas de este blog:

contacta@visorhistoria.com

©2026 VISORHISTORIA | Funciona con SuperbThemes